À partir de quel patrimoine est‑on « riche » ?

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En 2024, il faut près de 860 000 euros de patrimoine pour entrer dans le club des 10% de ménages les plus aisés. Un seuil où l’immobilier pèse lourd, mais n’est plus seul en scène.

Par Le Revenu
Publié le 10/12/2025 à 11h03
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À partir de quel patrimoine est‑on « riche » ?
(©AdobeStock)

Début 2024, les 10% des ménages les mieux dotés possèdent plus de 857 700 euros de patrimoine brut, et concentrent à eux seuls près de la moitié du patrimoine total détenu par les ménages. Les 5% les plus aisés franchissent, eux, un seuil encore plus élevé, avec plus de 1 268 200 euros de patrimoine brut, signal clair d’une France où être “riche” se mesure autant en stock accumulé qu’en revenus.

En comparaison, la moitié des ménages dispose d’un patrimoine brut supérieur à seulement 205 100 euros, ce qui montre à quel point le haut de la distribution se détache du reste de la population. À l’autre extrémité, 10% des ménages possèdent moins de 6 200 euros de patrimoine brut, soit un écart de plus de 850 000 euros avec le seuil d’entrée dans le top 10%.

L’immobilier, colonne vertébrale du patrimoine

En moyenne, le patrimoine brut des ménages atteint 374 900 euros en 2024, dont 61% proviennent de l’immobilier, ce qui confirme le rôle central de la pierre dans la richesse des Français. Pour la moitié des ménages situés entre le 4ᵉ et le 9ᵉ décile de patrimoine, leur résidence principale représente la majeure partie de leur patrimoine, avec une part de l’immobilier qui grimpe autour de 70%.

L’immobilier est quasiment absent chez les 30% les moins dotés, dont le patrimoine se limite surtout aux comptes courants, livrets d’épargne et patrimoine résiduel (voiture, équipements du foyer). À l’inverse, parmi les ménages propriétaires de leur résidence principale, le patrimoine brut médian atteint 383 300 euros, contre seulement 20 800 euros pour les non‑propriétaires, illustrant l’effet de levier patrimonial de l’accession à la propriété.

Quand l’immobilier ne suffit plus pour le top 10%

Chez les 10% des ménages les plus aisés, l’immobilier demeure important mais devient minoritaire dans la composition de leur patrimoine, au profit des actifs financiers et professionnels. Dans ce groupe, l’immobilier représente en moyenne 53% du patrimoine brut, tandis que le patrimoine financier pèse 24% et le patrimoine professionnel 19%, signe d’une forte diversification.

Pour le 1% le plus doté, l’immobilier ne compte plus que pour environ un tiers du patrimoine, alors que le patrimoine professionnel peut atteindre plus d’un tiers du total, reflet de fortunes liées à l’entreprise, à l’activité indépendante ou à la détention de sociétés. Ces ménages sont beaucoup plus souvent agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprise ou professions libérales, catégories où l’outil professionnel s’intègre directement au patrimoine.

Un patrimoine qui se construit avec l’âge

Le patrimoine augmente avec l’âge, atteint un maximum autour de 60 ans, puis se stabilise avant de diminuer après 75 ans pour les ménages vivant à domicile. Les ménages dont la personne de référence a entre 50 et 59 ans disposent du patrimoine brut moyen le plus élevé, à 464 800 euros, avec toutefois de fortes disparités internes : dans cette tranche, les 10% les mieux dotés dépassent 1 021 900 euros de patrimoine, quand les 10% les moins dotés restent sous 7 700 euros.

Cette dynamique s’explique par le cycle de vie : achat de la résidence principale entre 30 et 45 ans, accumulation progressive d’épargne et d’actifs, puis éventuelle transmission ou désépargne aux âges avancés. L’immobilier suit cette trajectoire : montée rapide au moment de l’accession à la propriété, poursuite de la progression jusqu’à 60 ans, puis reflux au-delà de 75 ans, alors que le patrimoine financier continue, lui, d’augmenter jusque vers 75 ans avant de se stabiliser.

Patrimoine, niveau de vie et sentiment d’aisance

Le patrimoine médian bondit avec le niveau de vie : il est de 18 600 euros pour le quart des ménages les plus modestes, contre 569 100 euros pour le quart des plus aisés, ce qui place beaucoup de ces derniers à proximité du seuil des 10% les mieux dotés. Même au sein d’un même quart de niveau de vie, les écarts restent massifs : parmi les ménages les plus modestes, certains disposent de moins de 1 600 euros de patrimoine brut quand les 10% les mieux dotés de ce groupe dépassent 306 400 euros.

Cette hétérogénéité rappelle qu’un niveau de revenus élevé ne suffit pas à lui seul à entrer dans la France patrimonialement aisée, surtout en début de carrière. À l’inverse, des ménages plus âgés ou héritiers peuvent afficher un patrimoine élevé malgré des revenus annuels plus modestes, ce qui renforce la distinction entre “richesse” en flux et richesse en stock.

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