Bourse : pourquoi les OPA se font plus rares (et moins généreuses)

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Le marché des offres publiques marque le pas. Selon le dernier baromètre Alantra, le nombre d’opérations a chuté de 30 % en 2025. Plus inquiétant pour l'épargnant : les primes offertes aux actionnaires fondent à vue d’œil. Décryptage d’une année de repli.

Par Le Revenu
Publié le 26/01/2026 à 12h15
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Bourse : pourquoi les OPA se font plus rares (et moins généreuses)
(©AdobeStock)

L’âge d’or des retraits de cote lucratifs serait-il derrière nous ? C’est le constat froid posé par le cabinet Alantra dans sa 14e édition du Baromètre des offres publiques. Après un cru 2024 dynamique, l’année 2025 siffle la fin de la récréation avec seulement 21 offres annoncées, contre 30 l’an passé.

Un coup de frein brutal qui s’explique par un climat politique français jugé instable, incitant industriels et fonds d’investissement à l’attentisme. Mais au-delà de la baisse des volumes, c’est la générosité des repreneurs qui interpelle.

Les primes aux actionnaires en chute libre

C’était souvent la bonne surprise du matin pour l’investisseur particulier : découvrir que l’une de ses lignes faisait l’objet d’une OPA avec une belle plus-value à la clé. Cette mécanique s’est grippée. La prime médiane offerte n’est plus que de 22 % sur le dernier cours de Bourse, contre 31,6 % un an plus tôt. Même constat pour la prime moyenne, qui dévisse de plus de 10 points à 32,7 %.

Comment justifier cette avarice soudaine ? Paradoxalement, la bonne santé du marché en est la cause principale. Avec un indice CAC 40 et un SBF 120 en progression d’environ 10 % sur l’année, les valorisations des entreprises se sont tendues. Les cibles étant devenues plus chères « naturellement » grâce à la hausse des cours, les initiateurs d’offres rechignent à payer un supplément élevé pour prendre le contrôle. Le « cadeau » fait à l’actionnaire minoritaire se réduit donc comme peau de chagrin.

La fin de l’eldorado Euronext Growth ?

Autre tendance lourde : le profil des cibles change. Si 2024 avait fait la part belle aux PME cotées sur Euronext Growth, 2025 marque le retour des « gros dossiers ». 63 % des opérations ont eu lieu sur le marché réglementé Euronext, signe que les investisseurs privilégient désormais la liquidité et la solidité des entreprises de taille intermédiaire ou grande, à l’image de dossiers comme Neoen ou Verallia.

Les acteurs du Private Equity (fonds d’investissement) mènent la danse. Ils sont à l’origine de près de la moitié des offres (47 %). Leur stratégie est claire : finaliser le travail. Dans bien des cas, ils sont déjà actionnaires majoritaires et lancent une offre pour ramasser les quelques pourcents du capital qui leur manquent. L’objectif affiché est sans ambiguïté puisque 61 % des offres visent un retrait pur et simple de la cote.

Le secteur technologique résiste

Dans ce tableau morose, un compartiment tire son épingle du jeu : les TMT (Télécoms, Médias, Techno). Toujours très prisé, ce secteur concentre encore plus de 20 % des offres déposées. Les entreprises de services numériques et les éditeurs de logiciels restent des proies de choix pour des acquéreurs en quête de croissance externe ou de consolidation.

Pour l’épargnant, le message est double. D’une part, la probabilité de bénéficier d’une OPA miracle diminue. D’autre part, il convient d’être sélectif : les dossiers spéculatifs de petite taille semblent moins courtisés, au profit de valeurs plus établies capables de justifier leur valorisation.

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