Le 18 décembre 2025, la Banque centrale européenne a maintenu son taux directeur à 2% pour la quatrième fois consécutive.
Une décision présentée comme prudente, mais qui ressemble de plus en plus à un choix par défaut.
Face à une inflation encore instable (2,1% en novembre, légèrement au-dessus de la cible de 2%) et à des économies européennes très hétérogènes, la BCE préfère ne pas bouger, de peur de fragiliser une croissance déjà poussive.
Ce statu quo n’est pas sans conséquences. Pour les entreprises comme pour les ménages, le crédit reste coûteux, freinant l’investissement et la consommation.
Les projets sont différés, la reprise patine. À force d’attendre des signaux parfaitement alignés, la BCE prend le risque d’entretenir une économie sous perfusion, sans véritable impulsion.
La comparaison avec les États-Unis est éloquente. La Réserve fédérale, confrontée, elle aussi, à des tensions internes, a engagé des baisses de taux pour soutenir l’activité, ramenant son taux directeur dans une fourchette de 3,5% à 3,75% en décembre.
Cette divergence de stratégie accentue l’écart de dynamisme entre les deux zones et pèse sur la compétitivité européenne.
À vouloir tout sécuriser, la BCE donne surtout le sentiment de subir. Or, dans un environnement économique incertain, l’immobilisme peut coûter aussi cher que l’erreur.