Le « cash in shop » franchit une nouvelle étape. Ce dispositif, qui permet de retirer des espèces directement chez un commerçant, s’ouvre à l’ensemble des porteurs de carte CB dès 2026. Jusqu’à présent, seuls les clients partageant la même banque que le commerçant pouvaient en bénéficier. Cette limitation disparaît progressivement au cours du premier semestre 2026.
Le Crédit agricole et La Banque postale seront les premiers à généraliser l’accès. Près de 28 500 commerces participants accepteront les retraits quelle que soit la banque du client. Le Crédit mutuel et Nickel font également partie des réseaux impliqués dans ce système.
Une réponse à la disparition des distributeurs
La France a perdu plus de 8 500 distributeurs automatiques en cinq ans. En 2024 seul, 1 500 DAB ont disparu, portant le total à 42 578 automates fin décembre. Cette érosion s’est accélérée après la crise sanitaire, avec la généralisation du paiement sans contact et la fermeture d’équipements jugés peu rentables par les réseaux bancaires.
Aujourd’hui, 56% des communes françaises, représentant 10,4% de la population, n’ont aucun accès aux espèces. Ni distributeur, ni point privatif chez un commerçant. Le « cash in shop » vise à combler ce vide, notamment en zone rurale.
Comment fonctionne le retrait chez le commerçant ?
Le processus reste simple. Il suffit d’insérer sa carte CB dans le terminal de paiement du commerce, d’indiquer le montant souhaité et de taper son code confidentiel. Le commerçant remet ensuite les espèces, sans obligation d’achat.
Des plafonds de retrait seront fixés par chaque commerçant, selon sa disponibilité en caisse. Le service reste gratuit, sauf si votre banque applique des frais pour retrait hors réseau. Loÿs Moulin, directeur projets et marketing du GIE Cartes bancaires, insiste : « Il faut le voir comme un service de dépannage qui n’a pas vocation à remplacer les DAB ni à transformer les magasins en distributeurs. »
Avec 77 millions de cartes CB en circulation en France, cette ouverture marque un tournant dans l’accès aux espèces. Le réseau de commerces de proximité devient un relais bancaire à part entière, compensant la raréfaction des automates traditionnels.