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L’ÉDITO – France-USA : Le grand écart de la confiance

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La croissance américaine du troisième trimestre 2025 souligne un écart profond avec l’Europe. Aux États-Unis, la confiance soutient la consommation et l’investissement. En France, l’épargne record traduit surtout l’inquiétude face à l’avenir économique et budgétaire. Ce contraste rappelle qu’une économie progresse moins par la protection que par la capacité à se projeter.

Par Le Revenu
Publié le 24/12/2025 à 07h00 | mis à jour le 24/12/2025 à 09h23
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C’est un chiffre qui claque comme une gifle sur le visage de la vieille Europe. 4,3 %. C’est la croissance annualisée des États-Unis au troisième trimestre 2025. Une progression forte et inattendue qui doit tout à un moteur que nous avons oublié comment allumer : la confiance.

Pendant que l’Amérique accélère, portée par une consommation débridée (+3,5 %) et un « effet richesse » qui transforme chaque hausse de Wall Street en dépenses dans l’économie réelle, la France regarde et s’enfonce. Certes, notre PIB a progressé de 0,5 %, sauvé par quelques livraisons d’Airbus. Mais ne nous y trompons pas : c’est un trompe-l’œil.

Le vrai chiffre de la France, c’est 18,4 %. C’est notre taux d’épargne. Un record d’angoisse. Là où l’Américain dépense parce qu’il croit en son avenir, le Français thésaurise parce qu’il craint le sien. Il craint la « trappe à dette » ouverte par des déficits publics incontrôlés (5,8 %), il craint l’instabilité politique des deux dernières années, il craint pour ses impôts futurs.

La France peut-elle s’inspirer des États-Unis ? Si c’est pour copier leur déficit, non merci, nous faisons déjà pire avec moins de résultats. Mais si c’est pour copier leur capacité à transformer l’épargne en capital productif, alors oui, mille fois oui. Notre problème n’est pas le manque d’argent – nos livrets A débordent – mais le manque de courage pour l’investir.

L’Amérique nous donne une leçon cruelle, mais salutaire : une économie ne se relève pas en se protégeant, mais en se projetant. En attendant que nos politiques l’apprennent, l’investisseur avisé fera, lui aussi, son « grand écart » : le cœur à Paris pour nos champions du luxe et de l’aéronautique, mais le portefeuille bien exposé au dynamisme de l’Oncle Sam.

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