La Cour des comptes l’a rappelé avec force : la France accumule les règles fiscales complexes, mais se montre d’une faiblesse étonnante quand il s’agit de sanctionner réellement la fraude.
Dans son rapport du 12 décembre 2025, elle pointe une répression insuffisante, des procédures longues et des résultats loin d’être à la hauteur de l’ambition affichée.
Pour un pays qui revendique partout l’exigence fiscale, c’est un aveu d’impuissance.
Chaque année, des dizaines de milliards échappent au Trésor. Pas toujours à cause de « l’ingéniosité » des fraudeurs, mais souvent parce que l’appareil répressif est inefficace, mal coordonné, et noyé sous le poids de lois qui se contredisent.
Pendant ce temps, l’écrasante majorité des contribuables (salariés, professions libérales, entrepreneurs) règle scrupuleusement ses impôts, sans faille.
Ce déséquilibre envoie un message qui dépasse la simple comptabilité publique : il dit aux honnêtes citoyens que l’effort collectif reste inégal, qu’on peut être sanctionné pour une erreur de case sur une déclaration, tandis que de véritables montages d’évasion trouvent des voies d’eau dans le système.
Redresser la fraude n’est pas une question de zèle éthique, mais de simple efficacité. Une fiscalité cohérente et des sanctions dissuasives renforceraient la confiance dans le système, au lieu de l’entamer.
Aujourd’hui, la France sait très bien déclarer ce qu’elle veut combattre. Il lui reste à montrer qu’elle peut le faire vraiment.