Cartes Pokémon : quels impôts sur vos ventes en 2025 ?

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Cartes Pokémon, Magic, Lorcana : à partir de quel montant vos ventes intéressent le fisc et combien risquez-vous de payer ? Tour d’horizon des règles à connaître pour éviter les mauvaises surprises.

Par Le Revenu
Publié le 27/11/2025 à 17h23 | mis à jour le 27/11/2025 à 17h45
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Cartes Pokémon : quels impôts sur vos ventes en 2025 ?
(©Octavio-stock.adobe.com)

Les cartes Pokémon vendues cher ne sont pas fiscalement neutres : au-delà d’un certain montant, le fisc considère ces ventes comme imposables, avec des règles qui peuvent aussi concerner d’autres cartes à collectionner (Magic, Lorcana, etc.). L’enjeu, pour un particulier, est de comprendre à partir de quand déclarer, à quel taux et comment limiter la note tout en restant dans le cadre légal.

Quand vos cartes Pokémon attirent l’attention du fisc

Les cartes Pokémon ne sont en principe pas classées comme des « objets de collection » par l’administration fiscale, mais comme des biens de consommation. Concrètement, tant que la vente reste modeste, aucune déclaration n’est requise, mais au-delà d’un certain seuil, la plus-value peut être taxée.

Pour les ventes de cartes considérées comme des biens de consommation, aucune imposition n’est due en dessous de 5 000 euros par transaction. Au-delà de ce montant, la plus-value est soumise à un impôt forfaitaire de 19% auquel s’ajoutent 17,2% de prélèvements sociaux, soit une taxation globale de 36,2% sur le gain réalisé.

Biens de consommation ou objets de collection ?

Tout l’enjeu fiscal réside dans le régime applicable : celui des biens de consommation ou celui des objets d’art et de collection. En règle générale, les cartes de jeu modernes (Pokémon, Magic, Lorcana, etc.) restent dans la première catégorie, sauf cas très particuliers de cartes anciennes, rares et à caractère historique.

Lorsque la carte est traitée comme bien de consommation, la taxation s’applique sur la plus-value, avec un abattement de 6% par année de détention à partir de la sixième année, ce qui conduit à une exonération totale après 22 ans si l’on peut prouver l’historique d’achat.

En revanche, si une carte est reconnue comme véritable objet de collection (pièce historique, première édition emblématique, etc.), la taxe forfaitaire spécifique de 6% environ porte sur le prix de vente total au-delà de 5 000 euros, sans calcul de plus-value.

Vue synthétique des régimes fiscaux en jeu

Situation fiscaleType de cartes concernéesSeuil clé par venteBase taxéeTaux indicatif totalAtout / limite principale
Bien de consommationCartes Pokémon et autres cartes de jeu dans la plupart des cas5 000 €Plus-value seulement36,2% (19% IR + 17,2% prélèvements sociaux)Abattement de 6%/an dès la 6ᵉ année, exonération après 22 ans si justificatifs
Objet de collectionCartes très anciennes, rares, à intérêt historique avéré5 000 €Prix de vente totalEnviron 6 à 6,5% de taxe forfaitaireTaux plus faible, mais sans prise en compte du prix d’achat

Bons réflexes pour les collectionneurs et revendeurs

Même un particulier qui revend ponctuellement ses cartes doit conserver un minimum de traçabilité : preuve du prix et de la date d’achat, historique des transactions sur les plateformes et justificatifs de paiement. Ces éléments deviennent déterminants pour calculer la plus-value, bénéficier des abattements de durée et, le cas échéant, prouver qu’il ne s’agit pas d’une activité professionnelle déguisée.

Dès lors que les ventes deviennent fréquentes et importantes, surtout via des plateformes, l’administration peut considérer qu’il s’agit d’une véritable activité imposable dans une autre catégorie de revenus, avec d’éventuelles obligations sociales à la clé.

Pour rester dans les clous, mieux vaut : limiter les ventes occasionnelles au-dessous du seuil lorsque c’est possible, regrouper la documentation de chaque grosse transaction, et solliciter un avis professionnel si l’on commence à multiplier les opérations à plusieurs milliers d’euros.


Trois réflexes avant de vendre vos cartes

Garder toutes les preuves d’achat

Factures de boutiques spécialisées, historiques d’achats sur plateformes, relevés de paiement : ces documents permettent de justifier le prix d’acquisition, donc de limiter l’impôt à la seule plus-value réelle au-delà de 5 000 euros.​

Suivre le seuil de 5 000 euros par vente

Le seuil s’apprécie par cession et par bien vendu : en dessous, la vente de vos cartes n’est en principe pas imposable, au-dessus, la plus-value entre dans le régime des biens meubles, sauf cas particuliers d’objets de collection.​

Surveiller la fréquence et le volume de vos ventes

Des ventes répétées et importantes, notamment via des plateformes, peuvent conduire l’administration à y voir une activité professionnelle, avec un changement complet de régime fiscal et, potentiellement, des cotisations sociales à la clé.


Exemple chiffré : une vente de cartes Pokémon à 8 000 euros

  • Un particulier achète, sur plusieurs années, des cartes Pokémon pour un coût total de 2 000 euros, puis revend un lot pour 8 000 euros en une seule transaction.​
  • La plus-value brute est de 6 000 euros, montant théoriquement soumis à 19% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux, soit 36,2%, ce qui représenterait 2 172 euros d’impôt sans abattement.​
  • Si ces cartes sont revendues plus de 22 ans après leur acquisition, et que le vendeur peut prouver la date et le prix d’achat, l’abattement pour durée de détention aboutit à une exonération de la plus-value dans le régime des biens meubles. En pratique, pour des cartes Pokémon modernes, ce cas reste rare, mais il illustre l’intérêt de conserver une trace de ses achats et de la durée de détention.


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