Pendant près de soixante ans, Berkshire Hathaway a été plus qu’un conglomérat : une assurance tous risques contre la folie des marchés.
Warren Buffett n’a pas seulement créé de la valeur, il a incarné une forme rare de stabilité. Ce 1er janvier, « l’oracle d’Omaha » a cédé son poste de CEO à Greg Abel, marquant la fin d’un sans faute qui aura duré pas moins de six décennies !
Sur le papier, peu de choses changent. Greg Abel est aux commandes, Buffett reste président, les filiales continuent de tourner et la machine Berkshire demeure impressionnante : assurances, énergie, rail, industrie… et un trésor de guerre proche de 382 milliards de dollars.
Mais la vraie question n’est pas comptable. Elle est psychologique. Quelle part de la prime boursière venait de la structure, et quelle part de l’homme qui a fait les bons paris au bon moment ?
Car Buffett, c’est avant tout une série de choix devenus légendaires. Coca-Cola, conservé pendant plus de trente ans, a rapporté des dizaines de milliards en dividendes et en plus-values.
American Express reste l’un des piliers historiques du portefeuille. Plus récemment, Apple, devenu la première participation de Berkshire, a pesé à lui seul plus de 40 % du portefeuille, générant une création de valeur colossale avant les récentes réductions de position.
Le résultat est sans appel : depuis le milieu des années 1960, Berkshire a affiché une performance annualisée proche de 20 %, contre environ 10 % pour le S&P 500, transformant une filature moribonde en empire boursier de premier plan. Un écart qui résume tout.
Le modèle est solide, pensé pour survivre à son fondateur. Mais une page se tourne. Berkshire garde ses actifs, sa discipline et son cash. Elle perd une chose plus rare : un nom qui, à lui seul, valait une prime. Aux marchés désormais de juger si la machine seule peut inspirer la même confiance.