Dans les campagnes ou les périphéries urbaines, il n’est pas rare de trouver des maisons de 100 m² ou plus occupées par une seule personne ou un couple de plus de 60 ans.
En 2022, selon une récente étude Insee, 7,6 millions de logements – soit un quart des résidences principales en France – étaient «sous-occupés». Ce chiffre grimpe à 41% pour les maisons individuelles. Selon l’Insee, cela signifie que les logements ont au moins trois pièces de plus que les besoins normaux des habitants.
Cette situation s’explique souvent par le départ des enfants, et/ou un fort attachement à la maison familiale. Plus de la moitié des ménages concernés habitent les lieux depuis plus de 20 ans.
Ils sont propriétaires dans l’immense majorité des cas et n’envisagent absolument pas de déménager, car ils se sentent bien dans leur logement. Ces mètres carrés en plus permettent aussi d’accueillir ses proches venus rendre visite.
Rester, oui, mais à quel prix ?
Mieux vaut donc l’anticiper : une hausse de 10 à 15% n’a rien d’exceptionnel dans certaines villes. De quoi grignoter sérieusement une pension de retraite.
Louer une partie de son logement
Si la pièce louée constitue la résidence principale du locataire et que le loyer reste dans des limites «raisonnables», les revenus peuvent être exonérés d’impôt.
En 2025, cela concerne les loyers annuels inférieurs à 213 euros/m² en Île-de-France et 157 euros/m² dans les autres régions. Par exemple, une chambre de 25 m² peut rapporter jusqu’à 5.325 euros par an (443 euros/mois) en région parisienne, ou 3.925 euros (327 euros/mois) en province, sans avoir à la déclarer au fisc. Attention, cette exonération ne s’applique que s’il s’agit de votre résidence principale.
Autre solution : accueillir un jeune dans le cadre d’une cohabitation intergénérationnelle. Ce système, encore peu répandu mais en plein essor, permet de créer du lien tout en réduisant les frais. Des plateformes privées comme Colette, associatives comme le réseau Cohabilis ou des initiatives locales ou régionales facilitent cette démarche.
Certaines permettent de signer un contrat de cohabitation intergénérationnelle solidaire (CIS), un bail créé en 2018 par la loi Elan, qui prévoit un loyer modéré en échange de menus services rendus par le locataire.
Adapter ou vendre : mieux vaut anticiper
Ces petits plus peuvent servir à financer des travaux pour rester chez soi plus longtemps : rénovation énergétique, aménagements pour le grand âge… Vous pourrez, le cas échéant, bénéficier de MaPrimeAdapt’, la seule aide financière immobilière qui n’a pas été suspendue, contrairement à MaPrimeRénov’.
Mais si vous pensez qu’un jour vous quitterez cette maison trop grande, mieux vaut y réfléchir avant d’avoir un âge trop avancé. Avec les années, vendre un bien, organiser un déménagement, acheter ou louer un logement plus petit en centre-ville, parfois en sollicitant un crédit relais ou une avance sur un contrat d’assurance vie… devient plus exigeant et demande du temps, de l’énergie et de la réactivité.