La Banque de France prévoit une croissance de 0,2 % pour le quatrième trimestre 2025, selon son enquête mensuelle et les déclarations de son gouverneur. Cette estimation, publiée à la suite d’un sondage mené auprès d’environ 8 500 entreprises entre le 26 novembre et le 3 décembre, indique que l’économie française poursuit sa progression, mais à un rythme au ralenti par rapport au troisième trimestre (+0,5 %).
L’enquête mensuelle de la Banque de France fait apparaître un moteur industriel plus robuste que prévu. La production dans les secteurs de l’informatique, de l’électronique et de l’optique a fortement contribué à la dynamique du trimestre, de même que les signes de redressement dans l’agroalimentaire et l’automobile. À l’inverse, les services et la construction restent plutôt en retrait, un constat qui tempère la portée d’un rebond généralisé.
Une croissance annuelle légèrement supérieure aux attentes
Dans la pratique, le +0,2 % signifie que, si la prévision se confirme, la croissance annuelle 2025 pourrait atteindre ou légèrement dépasser l’objectif gouvernemental de +0,8 %. Le gouverneur de la Banque de France a d’ailleurs annoncé que l’institution prévoit une légère amélioration par rapport aux projections initiales. Les prévisions actualisées seront publiées le 19 décembre. Ces éléments expliquent pourquoi les autorités économiques affichent un optimisme prudent, même si la marge de manœuvre reste limitée.
Les entreprises interrogées restent toutefois marquées par une forte incertitude. La Banque de France souligne que, malgré une trésorerie globalement équilibrée, les carnets de commandes industriels demeurent peu fournis et la confiance varie en fonction des secteurs. Ce climat de prudence est à l’origine du décollage hétérogène de l’investissement privé sur le territoire, ce qui peut constituer un frein de plus pour la croissance.
Des trajectoires prudentes pour 2026
Du côté des marchés et des analystes, l’annonce est interprétée comme un signal de stabilité relative plutôt que comme une impulsion suffisante pour changer fondamentalement les attentes macroéconomiques. Plusieurs instituts (banques et cabinets de conjoncture) maintiennent des trajectoires prudentes pour 2026, pointant les risques liés à l’incertitude politique, à la trajectoire des prix et à l’environnement international. BNP Paribas Research, par exemple, anticipe un ralentissement suivi d’un rebond modéré en 2026 qui dépendra beaucoup du regain d’investissement privé et de la performance des partenaires européens.
Sur le plan sectoriel, l’industrie apparaît comme le principal facteur d’optimisme immédiat. Les gains de production dans les technologies haut de gamme et certaines branches manufacturières ont partiellement compensé la faiblesse des services. Toutefois, la Banque de France avertit que ces performances industrielles sont sensibles aux fluctuations de la demande mondiale et à la santé des chaînes d’approvisionnement.
Un impact politique qui se fait sentir
Sur un autre plan, il est clair que l’impact politique est réel. Dans un contexte où l’Assemblée nationale vient d’adopter de justesse le budget social pour 2026, la confirmation d’une croissance positive, même modeste, aide à contenir les craintes des marchés et des agences de notation concernant la trajectoire budgétaire française.
Reste que la confiance des ménages et des entreprises pourrait se révéler fragile si les tensions politiques s’amplifiaient et si les mesures budgétaires ne parvenaient pas à stabiliser la perspective sur le moyen terme.
Ces prévisions de la Banque de France traduisent une économie française capable de résister à des vents contraires, mais pas encore suffisamment robuste pour envisager une accélération durable.
La trajectoire pour 2026 dépendra largement de la capacité des entreprises à investir, de la stabilité politique et de l’évolution de la conjoncture internationale. Les prévisions actualisées du 19 décembre seront donc un jalon essentiel pour affiner les scénarios économiques pour l’année à venir.