Le Fonds monétaire international (FMI) a lancé un appel pressant à la Chine pour qu’elle s’attaque à ses déséquilibres économiques structurels, alors que l’économie du pays affiche un excédent commercial record dépassant 1 000 milliards de dollars en 2025. Cette préoccupation, exprimée par la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, met en lumière les risques liés à la dépendance excessive de la deuxième économie mondiale à l’exportation, ainsi que la nécessité d’un virage vers une croissance plus portée par la demande intérieure.
Lors d’une conférence de presse organisée à la fin de l’évaluation annuelle de l’économie chinoise, Georgieva a souligné que la Chine est « trop grande » pour continuer à dépendre de ses exportations comme principal moteur de croissance. Elle a averti que ce modèle pourrait intensifier les tensions commerciales et inciter les partenaires commerciaux à adopter des mesures protectionnistes supplémentaires. Le FMI encourage donc Pékin à stimuler la consommation domestique, renforcer les revenus des ménages et réduire sa dépendance aux marchés étrangers pour assurer une croissance plus équilibrée à long terme.
Une faible demande intérieure
Le FMI s’inquiète notamment du déséquilibre entre la forte croissance des exportations chinoises et la faiblesse persistante de la demande intérieure, un phénomène confirmé par le fait que les importations n’ont pas suivi la même progression que les exportations. Cette situation, exacerbée par la dépréciation du yuan, rend les produits chinois plus attractifs à l’étranger, ce qui alimente davantage l’excédent commercial, mais creuse les déséquilibres extérieurs.
Les déséquilibres structurels comprennent également une progression trop lente du pouvoir d’achat des consommateurs, un marché du logement fragilisé par une crise immobilière prolongée, et un environnement d’investissement qui continue de privilégier la production orientée vers l’export plutôt que la consommation locale. Ces éléments ont contribué à un affaiblissement relatif de la demande interne, tandis que les entreprises exportatrices continuent de capter une part importante de la croissance économique nationale.
Adopter des politiques macroéconomiques plus intégrées
Dans son message, le FMI a recommandé à la Chine d’adopter des politiques macroéconomiques plus intégrées pour répondre à ces déséquilibres, notamment en encourageant des réformes structurelles qui facilitent l’accès au crédit pour les ménages, renforcent le filet de sécurité sociale et stimulent l’emploi. Cela pourrait également inclure des efforts pour résoudre les problèmes liés à l’endettement des gouvernements locaux et stimuler l’investissement dans les services, qui tendent à générer plus d’emplois que la production industrielle orientée vers l’exportation.
Les appels du FMI interviennent alors que les tensions commerciales entre la Chine et plusieurs de ses principaux partenaires, dont les États-Unis et l’Union européenne, restent élevées. La forte orientation de l’économie chinoise vers l’exportation a provoqué des réactions politiques et économiques dans plusieurs pays, certains appelant à des mesures tarifaires ou à une refonte des politiques commerciales internationales pour corriger ces déséquilibres.
Malgré ces critiques, Pékin a récemment réaffirmé son intention de poursuivre une politique budgétaire proactive en 2026, visant à soutenir la croissance globale par des mesures de stimulation fiscale et monétaire. Toutefois, sans un rééquilibrage significatif vers la croissance interne, le FMI avertit que la dépendance aux exportations risque de freiner la stabilité économique à long terme et de provoquer des déséquilibres supplémentaires dans l’économie mondiale.