À l’heure où nous écrivons ces lignes, l’administration Trump n’a pas encore rendu toutes les conclusions des négociations avec les partenaires commerciaux des États-Unis, au terme du moratoire de quatre-vingt-dix jours, échu le 9 juillet, et qui vient d’être reporté au 1er août.
Après l’annonce des accords avec le Royaume-Uni et le Vietnam, dont les exportations seront taxées à respectivement 10 % et 20 %, le verdict est tombé pour le Japon et la Corée du Sud, pour lesquels la facture s’annonce plus salée, avec un taux de 25 %, sauf nouvelles concessions de ces deux pays. Pour l’Afrique du Sud, ce sera 32 %. Pour le Cambodge et la Thaïlande, 36 %…
Les États-Unis ont également trouvé un compromis avec la Chine au niveau des terres rares sans toutefois avancer sur les autres volets des négociations. L’Inde serait proche du but.
De son côté, l’Union européenne ne désespère pas de trouver, elle aussi, un terrain d’entente mais sa résistance peut à tout moment froisser Donald Trump.
Une chose est sûre : tous les pays ne seront pas logés à la même enseigne et les conséquences des droits de douane restent difficilement chiffrables pour les entreprises qui les subissent et pour les consommateurs américains qui vont en payer le prix.
Wall Street reprend la main
Les marchés semblent malgré tout considérer ce risque comme supportable pour la plupart des économies, ce qui s’est traduit par un rebond spectaculaire des indices après la chute survenue au lendemain du « Liberation Day ».
Mais, alors que les places européennes avaient tendance à surperformer Wall Street, ce sont les actions américaines qui ont le mieux terminé le semestre, comblant ainsi une partie de leur retard grâce au retour de l’exceptionnalisme américain et à la résilience des valeurs technologiques.
Par rapport à son point bas du 8 avril, le Nasdaq et le S&P 500 ont repris respectivement 35 % et 26 %, soutenus par Nvidia, de nouveau première capitalisation boursière mondiale. L’Europe est devenue plus fébrile, même si elle est restée en tête à la fin juin, avec des gains de plus de 20% pour le DAX allemand, porté par les espoirs de relance budgétaire massive, ou l’Ibex espagnol, dopé par le poids de son secteur bancaire.
À Paris, le CAC 40 a fait moins bonne figure en raison de sa dépendance au secteur du luxe, malgré le beau parcours de Thales, Société Générale ou Bouygues.
Dérapage budgétaire américain
Qu’en sera-t-il pour le second semestre ? Les annonces autour des droits de douane continueront d’entretenir un minimum de volatilité sur les marchés, d’autant qu’ils peuvent être porteurs d’inflation et retarder le programme d’assouplissement monétaire de la Réserve fédérale.
À cet égard, la résilience du marché du travail aux États-Unis en juin (147.000 emplois créés, contre 110.000 prévus) et le retour de l’indice ISM des services en zone d’expansion devraient lui permettre d’attendre le mois de septembre pour poursuivre ses baisses de taux, malgré l’insistance de Donald Trump pour une intervention plus rapide.
Des tensions sur le marché obligataire américain ne doivent pas non plus être exclues après le vote de la loi fiscale qui va accroître le déficit budgétaire de plus de 3.000 milliards de dollars au cours des dix prochaines années.
Mais pour le financer, les États-Unis devront y mettre le prix en proposant des rendements attractifs aux investisseurs internationaux, tentés de privilégier le Japon, où les taux remontent aussi.
Enfin, les investisseurs auront bientôt les yeux braqués sur les résultats des entreprises et sur leurs anticipations tenant compte des incertitudes. Depuis le début de l’année, les estimations de croissance des bénéfices de l’Euro Stoxx 50 sont passées de 7,7 % à 1,6 % et celles du S&P 500 de 14,3 % à 9,4 %.
Le pire n’est pas certain
Pour autant, juillet est historiquement le mois le plus favorable de l’année, avec une hausse moyenne de 2,5 % de l’indice S&P 500 sur 20 ans, rappelle Antoine Andreani, directeur de la recherche chez XTB France. Et si l’Amérique conserve l’avantage quant à la dynamique, les marchés européens restent moins bien valorisés et devraient trouver un puissant catalyseur avec la relance allemande.
Selon Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM, la résilience des actions s’explique par le fait que les conditions financières aux États-Unis n’ont jamais été aussi accommodantes depuis septembre 2024. La correction tant attendue pourrait donc attendre.
Nos conseils sur les dix principales variations au sein du CAC 40 au premier semestre
| Nom [code] | Cours(1) | Variation 1er semestre | Capitalisation | Évolution du bénéfice attendue en 2025 | Cours sur BNA(2) 2025/2026 | Dividende 2025(3) | Rendement 2025 | Conseil | Objectif de cours |
| LES 5 PLUS FORTES HAUSSES | | | | | | | | | |
| Thales [HO] | 246,20 € | +80 % | 50,72 milliards d’€ | 17,50 % | 25,9/22,2 | 3,70 € | 1,50 % | Conservez | 290 € |
| Société Générale [GLE] | 49,99 € | +79 % | 39,89 milliards d’€ | 17,20 % | 8,5/7,4 | 1,09 € | 2,20 % | Conservez | 55 € |
| Bouygues [EN] | 38,84 € | +34,50 % | 14,92 milliards d’€ | 1,40 % | 13,6/11 | 2 € | 5,10 % | Achetez | 42 € |
| Orange [ORA] | 13,05 € | +34,20 % | 34,74 milliards d’€ | -15 % | 15,4/10,6 | 0,75 € | 5,70 % | Conservez | 13 € |
| Safran [SAF] | 275 € | +31,10 % | 117 milliards d’€ | 7 % | 34,5/27,5 | 2,87 € | 1 % | Achetez | 305 € |
| LES 5 PLUS FORTES BAISSES | | | | | | | | | |
| Edenred [EDEN] | 26,93 € | -17,2 % | 6,4 milliards d’€ | 8,80 % | 11,1/10,1 | 1,21 € | 4,50 % | Vendre | 24 € |
| Pernod Ricard [RI] | 92,22 € | -22,50 % | 23,09 milliards d’€ | 13,90 % | 12,1/13,7 | 4,70 € | 5,10 % | Achetez | 105 € |
| Kering [KER] | 198 € | -22,30 % | 24,08 milliards d’€ | -30,70 % | 30,1/22,2 | 6 € | 3 % | Conservez | 220 € |
| LVMH [MC] | 482,65 € | -30 % | 238,24 milliards d’€ | -10,60 % | 21,1/19 | 13 € | 2,70 % | Conservez | 520 € |
| Stellantis [STLAP] | 8,63 € | -32,70 % | 24,4 milliards d’€ | -27,20 % | 5,1/3,6 | 0,68 € | 8 % | Conservez | 9,50 € |
(1) Au 8 juillet. (2) Bénéfice net par action anticipé. (3) Versé en 2025 au titre de 2024. Source : Factset.