Même si, historiquement, novembre est le meilleur mois de l’année à Wall Street, l’heure n’est plus à l’euphorie. Les marchés digèrent les records de valorisation engrangés par les valeurs technologiques, avec une question qui ne cesse de les tarauder : sommes-nous en présence d’une bulle sur l’intelligence artificielle ?
Les centaines de milliards de dollars d’investissement annoncés par les géants de la tech font peur et Ted Pick, le directeur général de Morgan Stanley, n’a pas écarté le risque d’une correction de 10 % à 15%. Son homologue de Goldman Sachs est sur la même longueur d’onde.
Autre signe qui ne trompe pas, Berkshire Hathaway, la société d’investissement de Warren Buffett, continue d’amasser du cash à un niveau historique.
Difficile cependant de parler de bulle lorsque les profits des sociétés technologiques progressent en moyenne de 26 % au troisième trimestre, bien au-delà des 20 % attendus par le consensus.
En Europe, les performances des entreprises se sont révélées moins spectaculaires qu’à Wall Street, tout en restant satisfaisantes. Mais la moindre déception se paie au prix fort. Les titres Legrand et Air France-KLM ont plongé de plus de 12 % en une séance.
Incertitudes autour de la Fed
Du côté de la conjoncture, les signaux restent contradictoires. Si l’indice ISM Manufacturier d’octobre aux États-Unis a déçu, celui des services a rassuré. Les chiffres privés du marché de l’emploi montrent que les entreprises américaines ont détruit 153.000 postes en octobre, soit une hausse de 175 % sur un an. La bonne nouvelle est que cela pourrait convaincre la Fed de baisser de nouveau ses taux en décembre, ce qui n’était pas évident après le dernier discours de son patron Jerome Powell.
De son côté, la Cour suprême s’interroge sur la légalité des tarifs douaniers de Trump. Si tel n’était pas le cas, l’administration Trump serait contrainte de rembourser les taxes déjà encaissées, au risque de dégrader le déficit budgétaire et de compromettre la nouvelle promesse de Donald Trump de verser un dividende de 2.000 dollars par contribuable.
Malgré le soulagement procuré par la fin imminente du shutdown aux États-Unis, l’instabilité devrait rester de mise et incite à sécuriser les portefeuilles avec du cash et des titres plus défensifs.