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Palantir : la souveraineté numérique française peut attendre

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La DGSI prolonge son partenariat avec Palantir pour trois ans. Un contrat stratégique pour le géant américain, valorisé 450 milliards de dollars.

Par Le Revenu
Publié le 16/12/2025 à 13h00
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La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) vient de renouveler son contrat avec l’entreprise californienne Palantir Technologies [PLTR]. Un accord de trois ans qui fait grincer des dents les défenseurs de la souveraineté numérique, mais qui réjouit les actionnaires du groupe américain. L’action Palantir, cotée au NASDAQ, évolue autour de 189 dollars mi-décembre 2025, portant sa capitalisation à 449,8 milliards de dollars.

Depuis 2016, au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, les services français de renseignement intérieur utilisent les outils d’analyse de données massives développés par Palantir. La DGSI justifie ce choix par une réalité pragmatique : aucune solution concurrente ne répond actuellement aux besoins opérationnels. Le logiciel américain permet de croiser et d’analyser des millions de données en temps réel.

Une croissance portée par les contrats gouvernementaux

L’entreprise fondée en 2003 par Peter Thiel, cofondateur de PayPal, a bâti son modèle économique sur les partenariats avec les gouvernements. En 2024, 55% des 2,9 milliards de dollars de revenus provenaient de contrats publics. Le plus spectaculaire ? Un accord avec l’armée américaine pouvant atteindre 10 milliards de dollars sur dix ans. Ce méga-contrat a propulsé l’action dans le S&P 100, où elle a remplacé Ford en 2024.

Le contrat français pèse quelques millions d’euros par an, loin des centaines de millions que rapportent les accords avec Washington. Ce renouvellement envoie néanmoins un signal fort : même les démocraties occidentales soucieuses de leur indépendance technologique peinent à se passer de Palantir.

La souveraineté numérique attendra

Paris promet depuis des années de développer une alternative française. La DGSI évoque « le déploiement prochain d’un nouvel outil souverain », sans calendrier précis. Les projets se succèdent – on parle d’une plateforme baptisée Artemis – mais les retards s’accumulent. Construire un rival de Palantir exige des investissements massifs et plusieurs années de développement.

Cette dépendance technologique interroge. Palantir assure que ses clients conservent un contrôle total sur leurs données. L’entreprise déploie ses solutions directement sur les serveurs sécurisés, sans stockage dans le cloud. Le code source demeure toutefois propriétaire et opaque.

Pour les investisseurs, l’action affiche une trajectoire enviable. Elle a bondi de plus de 300% entre janvier et décembre 2024, surperformant largement le NASDAQ. Les résultats trimestriels dépassent régulièrement les attentes.

Faut-il miser sur Palantir ?

La valorisation suscite des débats. Avec un ratio cours/bénéfices supérieur à 100, l’action se négocie cher. Les optimistes justifient cette prime par le positionnement unique sur le marché de l’analyse de données sensibles. Les sceptiques pointent le risque si les contrats gouvernementaux se tarissent.

Le renouvellement du contrat français confirme l’avance technologique de Palantir. Microsoft, Amazon et Google proposent bien des outils d’analyse, mais aucun ne combine la même puissance dans les environnements ultra-sécurisés.

L’action connaît une forte volatilité. Elle peut facilement perdre ou gagner 10% en une séance. Les portefeuilles audacieux peuvent y consacrer une petite ligne, en gardant à l’esprit le haut risque.


  • Conservez Palantir [PLTR] si vous détenez déjà l’action.
  • Les investisseurs souhaitant entrer attendront un repli sous les 170 dollars.
  • La tendance long terme reste haussière, portée par l’expansion des contrats gouvernementaux et le développement de l’IA.
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