Boycott politique : Elon Musk fait fuir 4 automobilistes sur 10

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Une étude mondiale révèle que 41% des conducteurs évitent Tesla pour des raisons politiques. Quel risque pour l’image de la marque et pour l’action en Bourse ?

Par Xavier Thomann
Publié le 18/11/2025 à 12h46

Boycott politique : Elon Musk fait fuir 4 automobilistes sur 10
(©Cryptocurrency News)

Les prises de position politiques d’Elon Musk deviennent un risque d’image – et potentiellement de marché – pour Tesla : une vaste enquête internationale révèle que 41% des conducteurs de voitures électriques évitent la marque pour des raisons politiques.

Pour une entreprise longtemps perçue comme l’avant‑garde de l’innovation verte, voir son logo associé aux clivages partisans plutôt qu’à la seule performance technologique change la donne pour les consommateurs comme pour les investisseurs.​

Quand la politique pèse sur la marque

Selon l’étude menée pour la Global EV Alliance auprès de plus de 26 000 conducteurs dans 30 pays, plus d’un automobiliste sur deux se dit prêt à écarter une marque pour des motifs politiques. À ce jeu, Tesla arrive largement en tête : 41% des répondants déclarent éviter la firme californienne, contre 12% pour les voitures chinoises et 5% pour les véhicules américains en général, ce qui montre que le malaise vise d’abord la marque et son dirigeant, plus que l’origine géographique.​

Ce décrochage tient moins à la qualité des modèles qu’à l’exposition politique de Musk, devenu un personnage central du débat public. Soutien à Donald Trump, proximité affichée avec certaines formations d’extrême droite, attaques contre les politiques de diversité, geste interprété comme un salut nazi : ces épisodes, largement relayés, ont alimenté appels au boycott et critiques récurrentes, au point de peser désormais sur l’image de Tesla.​

Un risque d’image très différencié selon les marchés

Le rejet est toutefois très contrasté selon les pays, ce qui complexifie la lecture pour les investisseurs. Il dépasse 50% aux États‑Unis et en Allemagne, tourne autour de 40–45% dans plusieurs pays développés, mais tombe à 21% en France et à 2% en Inde, où les clivages politiques sont différents et la figure de Musk moins omniprésente.

Pour un actionnaire, cela signifie qu’au‑delà des marges, des volumes ou de l’avance technologique, la trajectoire boursière de Tesla intègre désormais une « prime de risque politique » variable selon les marchés, plus élevée là où l’opinion est la plus sensible à ces sujets.​

Comment se positionner en Bourse ?

Dans ce contexte, Tesla apparaît plus que jamais comme une valeur à double-face : champion industriel de la voiture électrique, mais aussi titre exposé aux emballements médiatiques et politiques de son fondateur.

Les profils offensifs peuvent conserver une exposition mesurée en acceptant une volatilité accrue, quand les investisseurs plus prudents auront intérêt à diversifier leur pari sur la mobilité décarbonée via d’autres constructeurs, équipementiers ou ETF, afin de ne pas faire de Tesla le seul baromètre de leur portefeuille électrique.​

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