Bourse de Paris : le CAC 40 recule avant la Fed

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Dans une séance marquée par un attentisme palpable, le CAC 40 a reculé de 0,69% pour clôturer à 8 053 points, restant prisonnier de son canal de fluctuation des dix derniers jours.

Par Le Revenu
Publié le 09/12/2025 à 20h01 | mis à jour le 10/12/2025 à 09h28

Bourse de Paris : le CAC 40 recule avant la Fed
(©Monica Ly)

Si les investisseurs ont joué la prudence avant les annonces de la Réserve fédérale américaine, l’actualité des entreprises a dicté le tempo, provoquant des écarts spectaculaires sur la cote parisienne.

L’ombre de la Fed paralyse la tendance

Pour la dixième séance consécutive, l’indice phare a évolué dans un corridor étroit entre 8 050 et 8 150 points, incapable de choisir une direction franche. Cette stagnation reflète la nervosité des opérateurs à la veille de la décision de politique monétaire de la Fed. Si une nouvelle baisse de taux d’un quart de point semble acquise aux yeux du marché, l’incertitude plane désormais sur le rythme des assouplissements pour 2026. Dans ce contexte, la détente observée sur les taux obligataires, avec un rendement de l’emprunt américain à 10 ans revenant vers 4,15%, n’a pas suffi à relancer l’appétit pour le risque.

Le grand écart : la Défense armée, l’Aérien plombé

L’animation est venue des valeurs, avec des fortunes diverses. Le secteur de la défense a brillé, porté par des rumeurs de commandes massives venues d’Outre-Rhin. Thales s’est ainsi adjugé la tête du CAC 40 (+3,52% à 235 euros) à la mi-séance, tandis que l’équipementier de haute technologie Exail Technologies s’envolait de plus de 6% sur le SBF 120. L’agence Bloomberg a en effet révélé que l’Allemagne s’apprêterait à valider une enveloppe de 52 milliards d’euros pour des commandes militaires, un catalyseur puissant pour le compartiment.

À l’inverse, Air France-KLM a vécu une séance noire, plongeant de près de 7% (autour de 10,42 euros). Le titre a été lourdement sanctionné après l’annonce par son actionnaire de référence, CMA CGM, du lancement d’une émission d’obligations échangeables en actions de la compagnie aérienne pour environ 325 millions d’euros. Une opération technique perçue comme un risque de dilution ou de désengagement partiel à terme, qui a crispé les actionnaires.

Géopolitique : Nvidia au centre du jeu

Sur le front international, une annonce surprise de Donald Trump a animé les débats sans toutefois enflammer Wall Street. Le président américain a affirmé avoir autorisé l’exportation de certaines puces Nvidia vers la Chine, moyennant une taxe de 25% sur le chiffre d’affaires reversée à l’État américain. Si cette décision marque un tournant diplomatique et commercial potentiel, la réaction boursière est restée mesurée, le titre du géant des puces reculant légèrement, les investisseurs attendant de mesurer les implications réelles de ce « deal » inédit.

La séance de demain s’annonce décisive : la fin de l’attentisme dépendra désormais du ton employé par Jerome Powell.

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