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Choose France : quand l’ambition industrielle se heurte au réel

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Par Manon Gazin
Publié le 18/11/2025 à 07h00

Le premier sommet Choose France version “entreprises françaises”, qui s’est déroulé ce lundi 17 novembre, était censé illustrer un nouvel élan industriel.

Mais derrière les annonces officielles se lit une réalité plus contrastée.

Sur plus de trente milliards d’euros d’investissements, seuls 9,2 milliards d’euros seront consacrés à des projets totalement nouveaux qui se répartissent dans tous les secteurs : énergie, industries vertes, environnement, numérique, santé, chimie, transports, agroalimentaire, consommation, spatial, tourisme.

Les 21,2 milliards restants concernent des investissements déjà annoncés par les différentes entreprises ces 12 derniers mois.

La France cherche à démontrer sa capacité à se réindustrialiser, mais elle doit composer avec un climat d’incertitude économique, une trajectoire budgétaire chaotique et des entreprises qui hésitent à s’engager sur le long terme.

Le déplacement du sommet vers un format centré sur les acteurs nationaux est révélateur : la dynamique d’attractivité internationale s’essouffle, et l’État compte désormais davantage sur ses champions domestiques pour maintenir l’image d’un pays en mouvement.

Cela n’enlève rien à la pertinence de certains projets concrets, ni à la volonté réelle de plusieurs groupes d’investir dans des secteurs stratégiques. Mais l’addition de ces initiatives ne suffit pas à masquer l’absence d’un cap clair pour l’industrie française.

Les industriels ont besoin d’un horizon stable, d’un cadre fiscal lisible, d’une cohérence dans les choix publics. Tant que ces conditions ne seront pas réunies, les grandes annonces risquent de rester des signaux plus symboliques que structurants. Choose France ne peut devenir un véritable moteur de réindustrialisation que si la France commence aussi, vraiment, à se choisir elle-même.

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