Fnac Darty : JD.com accepte les conditions de Bercy et deviendrait le deuxième actionnaire

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Le géant chinois du e-commerce franchit une étape décisive dans le capital de l'enseigne française. Bercy impose ses règles pour protéger un fleuron du commerce hexagonal.

Par Le Revenu
Publié le 26/11/2025 à 12h02 | mis à jour le 27/11/2025 à 14h04
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Fnac Darty : JD.com accepte les conditions de Bercy et deviendrait le deuxième actionnaire
(©G.THIELL)

JD.com, colosse chinois du commerce en ligne, vient d’obtenir le feu vert du gouvernement français pour entrer au capital de Fnac Darty. Une validation assortie de conditions strictes, annoncées mercredi 26 novembre par le ministre de l’Économie.

Le géant asiatique devient ainsi le deuxième actionnaire de l’enseigne tricolore. Mais cette prise de participation ne s’accompagne d’aucun droit de gouvernance. JD.com ne siégera pas au conseil d’administration. L’entreprise chinoise ne pourra pas non plus augmenter sa position au capital.

Un cadre contraignant qui reflète la méfiance de Bercy face aux appétits étrangers dans des secteurs jugés sensibles.

Un allié commercial sous haute surveillance

JD.com n’arrive pas les mains vides. Le numéro deux chinois du e-commerce apporte son expertise logistique et son accès au marché asiatique. Fnac Darty espère ainsi développer ses ventes en Chine, où les marques européennes peinent à s’imposer face aux géants locaux.

La collaboration pourrait permettre à l’enseigne française d’écouler ses produits culturels et électroniques auprès de 600 millions de consommateurs chinois potentiels. JD.com compte parmi ses rangs plus de 560 millions de clients actifs et affiche un chiffre d’affaires annuel dépassant les 150 milliards de dollars.

Mais cette opportunité s’accompagne d’une surveillance renforcée. Le ministère de l’Économie a imposé un mécanisme de contrôle limitant drastiquement l’influence du partenaire chinois.

La souveraineté économique avant tout

Cette décision illustre la doctrine française en matière d’investissements étrangers. Bercy multiplie les garde-fous pour préserver l’indépendance des entreprises nationales stratégiques. Le commerce de détail, bien que moins sensible que la défense ou l’énergie, n’échappe pas à cette vigilance.

Fnac Darty emploie près de 25.000 salariés en France et génère un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros. L’enseigne incarne le commerce physique français face à la déferlante du e-commerce. Son maintien sous contrôle hexagonal représente un enjeu symbolique autant qu’économique.

Le gouvernement a tiré les leçons des précédentes ouvertures de capital jugées trop permissives. Cette fois, les règles du jeu sont claires dès le départ : l’argent chinois est accepté, le pouvoir chinois reste à la porte.

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