La fraude sociale en France est estimée à 14 milliards d’euros pour 2025, selon le Haut Conseil du financement de la protection sociale (HCFiPS). Cette somme représente un manque à gagner important pour la Sécurité sociale, qui finance les prestations de santé, de retraite et familiales.
La majorité des fraudes provient des entreprises, avec le travail dissimulé représentant plus de 7 milliards d’euros, notamment à travers la non-déclaration d’heures ou de salariés. Les assurés sociaux contribuent à hauteur d’environ 5 milliards, et les professionnels de santé pour 12 % du total.
Travail dissimulé : le principal levier de fraude
Le chiffre de 14 milliards dépasse d’environ 1 milliard l’estimation précédente, surtout à cause de l’inflation et de méthodes de calcul affinées. Le président du HCFiPS, Dominique Libault, souligne que les taux de fraude restent stables, la hausse reflétant davantage un ajustement statistique.
Les secteurs les plus concernés restent la construction, l’hôtellerie-restauration et les transports, où le recours au travail non déclaré est historiquement élevé. Cependant, une partie de la fraude reste difficile à détecter, notamment chez les micro-entrepreneurs ou travailleurs indépendants.
La lutte contre la fraude sociale reste un enjeu majeur pour les finances publiques, avec un recouvrement limité et des discussions politiques sur le renforcement des sanctions contre le travail dissimulé et la coordination entre administrations fiscales et sociales.