Nvidia débauche l’équipe de Groq pour 20 milliards

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Le géant des puces débauche l'équipe dirigeante de la start-up Groq, spécialisée dans l'inférence IA. Une opération qui renforce sa position face à AMD et Cerebras.

Par Le Revenu
Publié le 26/12/2025 à 11h05
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Nvidia débauche l’équipe de Groq pour 20 milliards
(©Photo de BoliviaInteligente sur Unsplash)

Le marché des semi-conducteurs vient de connaître un coup d’éclat. Nvidia a conclu un accord de licence non-exclusif avec Groq, jeune pousse californienne reconnue pour ses processeurs dédiés à l’inférence des modèles d’intelligence artificielle. L’opération s’accompagne du recrutement de Jonathan Ross, fondateur de Groq et ancien architecte des puces IA chez Google, ainsi que de Sunny Madra, président de la société. D’autres ingénieurs clés suivront le mouvement.

CNBC évoque une enveloppe de 20 milliards de dollars en cash. Ni Nvidia ni Groq n’ont confirmé ce montant. Une source proche du dossier précise néanmoins qu’il ne s’agit pas d’un rachat. Groq conserve son indépendance, Simon Edwards prenant les rênes en tant que nouveau directeur général. L’activité cloud de la start-up poursuit son développement sans interruption.

Un pari technologique sur l’inférence

Groq s’est fait un nom grâce à ses puces LPU (Language Processing Unit), conçues pour traiter les requêtes des modèles d’IA générative avec une latence réduite. Contrairement aux GPU de Nvidia, optimisés pour l’entraînement des modèles, les processeurs de Groq brillent dans la phase d’inférence : celle où un modèle déjà formé répond aux demandes des utilisateurs. Cette étape représente un enjeu majeur pour les entreprises déployant des chatbots ou des assistants virtuels à grande échelle.

Nvidia domine largement le segment de l’entraînement, avec une part de marché écrasante. Mais l’inférence reste un terrain plus disputé. AMD, Cerebras Systems et d’autres acteurs tentent de grignoter des parts sur ce créneau. En récupérant la technologie et les cerveaux de Groq, Nvidia consolide son avance et diversifie son offre.

L' »acqui-hire », stratégie gagnante des géants tech

Ce type d’opération hybride – entre embauche et acquisition – revient à la mode dans la Silicon Valley. Meta a utilisé le même procédé en juin dernier avec Scale AI, attirant son dirigeant Alexandr Wang sans absorber toute l’entreprise. L’objectif : récupérer rapidement des talents et des brevets sans s’enliser dans les méandres réglementaires des rachats traditionnels.

Pour Nvidia, l’intérêt est double. D’abord, accélérer le développement de solutions d’inférence performantes sans attendre des années de R&D interne. Ensuite, neutraliser un concurrent potentiellement gênant. Groq avait levé 750 millions de dollars quelques mois plus tôt, pour une valorisation de 6,9 milliards de dollars. Son ascension rapide inquiétait les acteurs installés.

Une domination renforcée malgré les défis

Les résultats trimestriels de Nvidia ont rassuré les marchés, confirmant la demande soutenue pour les GPU d’entraînement.

Mais la concurrence s’intensifie. AMD grignote des parts sur les datacenters, tandis que les hyperscalers (Google, Microsoft, Amazon) développent leurs propres puces. L’accord avec Groq permet à Nvidia de contrer cette menace en élargissant son portefeuille technologique. Les ingénieurs de Groq apportent une expertise pointue sur l’architecture des circuits dédiés à l’inférence, un savoir-faire que Nvidia pourra intégrer à ses futurs produits.

L’opération illustre une tendance de fond : dans la bataille de l’IA, les talents valent souvent plus que les usines. Nvidia l’a compris. En attirant Jonathan Ross, figure respectée du secteur, et son équipe, le groupe californien sécurise un avantage compétitif pour les années à venir. Reste à voir si cette stratégie suffira à maintenir son hégémonie face à la fronde des géants du cloud et des nouveaux entrants asiatiques.

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