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Bolloré : du cash et des interrogations…

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Le holding de la famille Bolloré présent dans la communication, l’industrie et l’énergie affiche des résultats plutôt robustes et surtout une trésorerie de plus de 5,5 milliards d’euros qui couvre 40% de la capitalisation boursière. Mais le débat judiciaire autour de la scission de Vivendi amoindrit la visibilité.

Par Bruno Kus
Publié le 18/09/2025 à 12h18

Sur le plan fondamental, les clignotants restent dans le vert pour le groupe Bolloré dont l’activité se répartit désormais entre la logistique pétrolière, l’industrie (batteries électriques, films plastiques et contrôles d’accès) et des participations de 18,5% dans le label de musique UMG, 29,4% dans Vivendi et 30,4% dans Canal+, Louis Hachette et Havas.

Le chiffre d’affaires du groupe se résume aux activités de logistique pétrolière et Industrie, tandis que les participations sont consolidées par mise en équivalence au niveau du résultat opérationnel et du résultat net.

À partir d’un chiffre d’affaires globalement stable au premier semestre 2025, à 1,54 milliard d’euros, le résultat opérationnel ajusté s’est nettement amélioré en un an, puisqu’il atteint 123 millions d’euros contre zéro fin juin 2024. La division logistique pétrolière a bénéficié de bons volumes, tandis que le pôle industrie a réduit sa perte de 17 millions pour la ramener à 52 millions en concentrant ses efforts sur la recherche liée aux batteries de nouvelle génération.

Du côté des participations, on retiendra surtout la forte hausse (+33%) de la contribution de UMG (117 millions d’euros) qui assure l’essentiel du résultat des sociétés mises en équivalence. Le bénéfice net de 240 millions d’euros n’est pas comparable avec celui de 3,7 milliards de l’an dernier qui incluait d’importants éléments exceptionnels.

Notre précédent conseil

Bolloré ne convainc toujours pas  

Un beau trésor de guerre

L’un des principaux points fort du dossier réside dans la position de trésorerie nette de 5,5 milliards d’euros permise par la vente des activités logistiques en 2023 et 2024. Ce trésor de guerre couvre à lui seul 40% de la capitalisation boursière de Bolloré.

Si l’on ajoute les participations valorisées à leur cours de bourse, l’actif net réévalué oscille aujourd’hui autour de 16,4 milliards d’euros, faisant apparaitre une décote boursière d’environ 17% sur l’action Bolloré. En théorie, la décote est plus importante car les participations comme Vivendi sont elles-mêmes très décotées par rapport à leurs actifs.

Malgré ces atouts, l’action Bolloré sous-performe nettement depuis le début de l’année avec une baisse d’environ 20% qui peut s’expliquer par les incertitudes liées aux conditions de la scission de Vivendi intervenue en fin d’année dernière, contestées par de nombreux actionnaires minoritaires.

Offre publique de retrait sur Vivendi

Le 18 juillet dernier, l’autorité des marchés financiers (AMF) a décidé que la société Bolloré et Vincent Bolloré sont tenus au dépôt d’un projet d’offre publique de retrait visant les titres vivendi dans un délai de 6 mois. Mais auparavant, la Cour de cassation devra se prononcer le 25 novembre et Bolloré a déjà formé un recours devant la Cour d’appel de Paris tendant à l’annulation de la décision de l’AMF du 18 juillet.

Le problème est qu’en cas de confirmation de la décision de l’AMF, Bolloré devra réaliser une offre publique de retrait sur Vivendi dont il est très difficile de définir le prix, maintenant que Vivendi s’est vidé de sa substance depuis la scission, sachant que Vivendi est par ailleurs accusé par la commission européenne d’avoir pris trop tôt le contrôle de Lagardère.

Chiffres clés et ratios boursiers


  • Nous restons à l’achat sur Bolloré avec un objectif de 5,80 euros à un horizon de 18 mois.
  • Codes : FR0000039299 et BOL.
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