Conseil

Emeis : l’étau de la dette se desserre !

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Le groupe de maisons de retraite a trouvé un accord de refinancement de sa dette avec les banques qui devrait lui permettre de sortir par anticipation de son plan de sauvegarde accéléré. Le retour aux bénéfices n’est cependant pas pour tout de suite.

Par Bruno Kus
Publié le 10/11/2025 à 13h06 | mis à jour le 10/11/2025 à 18h21

Les bonnes nouvelles se succèdent pour Emeis (ex-Orpea) dont le titre regagne encore plus de 10% ce lundi avec un gain qui dépasse désormais 130% depuis le début de l’année.

Le groupe de maisons de retraite et de cliniques, qui avait fait l’objet d’un plan de sauvegarde en 2023 après le scandale survenu deux ans plus tôt concernant les pratiques de maltraitance des patients, a trouvé un accord avec ses partenaires banquiers et investisseurs pour refinancer sa dette.

Cet accord devrait lui permettre d’augmenter la maturité moyenne de la dette de 2,5 années et de sortir par anticipation du plan de sauvegarde accéléré. Jusqu’alors, Emeis était confronté à un mur de la dette en 2027 avec près de 2,5 milliards d’euros à rembourser sur cette seule année.

Désormais, les remboursements seront échelonnés jusqu’en 2031 avec une première grosse échéance de 1,5 milliard en 2030 et une deuxième de près de 2 milliards en 2031. Le coût des nouveaux financements sera basé sur le taux Euribor avec une marge de 247 points.

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Une reprise du dividende évoquée

La direction d’Emeis a même évoqué la reprise d’un dividende dès que le ratio de levier de la dette sera retombé en dessous de 7,5 fois l’excédent brut d’exploitation. Rappelons qu’à fin juin, la dette nette atteignait 4,8 milliards d’euros, soit plus de 15 fois l’excédent brut d’exploitation.

Pour 2026, Emeis s’est engagé à ramener le ratio à 12 fois puis 9,5 fois en 2027, 8 fois en 2028 et 6,5 fois en 2029. Le désendettement devrait avoir des effets positifs sur la rentabilité du groupe alors que le coût de la dette a atteint 160 millions d’euros sur le seul premier semestre 2025.

Raison pour laquelle l’exercice restera déficitaire. Un cercle vertueux pourrait se mettre en place avec la remontée des taux d’occupation des établissements qui atteignait 87,3% à la fin du troisième trimestre (+1,8 point sur un an) et l’augmentation des prix.

Emeis s’est fixé un objectif de progression de 12% à 16% de son excédent brut d’exploitation sur la période 2024 à 2028. Le consensus regroupé par Factset table sur un bénéfice net positif à partir de 2028.

Une activité régulée

Reste que le désendettement n’est pas acquis et que la valeur du patrimoine immobilier du groupe peut fluctuer en fonction des taux à long terme. L’activité est par ailleurs très réglementée en termes de normes de fonctionnement et de nombre de personnels en raison des enjeux sociaux et de santé publique importants. La tarification est par ailleurs encadrée dans tous les pays européens, ce qui laisse peu de latitude en matière de fixation des prix.


  • Emeis est une société en retournement. Le dossier reste malgré tout très risqué et réservé aux investisseurs avertis même si le refinancement de la dette apporte une bouffée d’air incontestable.
  • Codes : FR001400NLM4 et EMEIS.
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