Le groupe minier français Eramet a dévoilé jeudi son programme « ReSolution », baptisé ainsi pour redresser une performance opérationnelle jugée « en-dessous des attentes » par le nouveau management. L’objectif affiché : améliorer l’EBITDA de 130 à 170 millions d’euros d’ici deux ans, aux conditions économiques actuelles. Le marché a accueilli favorablement l’annonce, le titre gagnant 3% dans la foulée.
Cette annonce intervient après un premier semestre 2025 catastrophique, marqué par une perte nette de 152 millions d’euros. Le contexte macroéconomique pèse lourd : la chute des prix du manganèse et du nickel a brutalement réduit la génération de trésorerie du groupe. Au troisième trimestre 2024, le chiffre d’affaires avait déjà reculé de 17%, plombé par un effondrement des volumes vendus (-43%).
Un plan axé sur la productivité
Le directeur général Paul Castellari, arrivé récemment, mise avant tout sur l’amélioration de la productivité et « l’efficacité des coûts et des processus ».
Traduction : réduction des frais généraux, optimisation des sites de production et rationalisation des investissements. Justement, le groupe révise à la baisse son enveloppe de capex 2025, qui passe de 400-450 millions d’euros à 400-425 millions. Cette « trajectoire baissière devrait se poursuivre », prévient Eramet.
Pour tenir jusqu’au redressement, un programme de « cash boost » ponctuel doit apporter 60 à 70 millions d’euros de trésorerie d’ici fin 2025. Un pansement d’urgence qui témoigne de la tension financière : le groupe a d’ailleurs obtenu de son pool bancaire une dérogation sur son ratio d’endettement prévu pour décembre 2025.
Un retour aux bénéfices en 2026 ?
Les analystes tablent sur une perte de 3,50 euros par action en 2025, avant un rebond attendu à 6,33 euros en 2026. Le consensus fixe un objectif de cours à 49,80 euros, soit un potentiel de baisse de 9% par rapport aux niveaux actuels (autour de 54,80 euros). Le dividende de 1,50 euro est maintenu, offrant un rendement de 2,75%.
La réaction positive du titre (+3% jeudi) montre que les investisseurs saluent la prise en main de la situation par le nouveau management. Reste que le groupe navigue en eaux troubles, tributaire d’une reprise des cours des matières premières qui tarde à venir. Les coûts de mise en œuvre du plan, principalement engagés en 2026, pèseront temporairement sur les comptes.
Dans ce contexte, mieux vaut patienter avant d’envisager un renforcement. Les plus prudents attendront des signes tangibles d’amélioration opérationnelle.
Notre conseil
- Conserver le titre pour ceux qui sont déjà en position.
- Éviter tout achat ou renforcement dans l’immédiat.
- Objectif de cours : 58 euros à horizon 12 mois.
- Codes : FR0000131757 et ERA.