Hier, le titre Figeac Aéro a chuté de plus de 7%, pour s’établir à 10,90 euros. Une déconvenue d’autant plus surprenante que l’équipementier aéronautique vient de signer un premier semestre 2025/2026 globalement solide, marqué par une croissance continue et une rentabilité accrue.
Sur les six premiers mois de son exercice, clos au 30 septembre 2025, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 215,3 millions d’euros, en hausse de 9,6% en organique. Il s’agit du 18ème trimestre consécutif de croissance.
L’activité a été portée par les programmes Airbus, le moteur LEAP qui équipe notamment les Boeing 737, ainsi que par les divisions Défense et Énergie. Jean-Claude Maillard, PDG du groupe, se montre confiant « Nous anticipons une activité significativement plus forte » au second semestre, conformément à la saisonnalité habituelle de l’entreprise.
Une marge opérationnelle qui s’envole
La vraie bonne surprise réside dans l’amélioration de la rentabilité. L’EBITDA courant a bondi de 18,6% à 30,6 millions d’euros, soit une croissance deux fois supérieure à celle du chiffre d’affaires. La marge d’EBITDA atteint ainsi 14,2%, contre 12,9% un an plus tôt, gagnant 130 points de base. Cette progression s’explique par une meilleure maîtrise des coûts, les progrès enregistrés au Mexique et les renégociations de contrats commerciaux.
Le résultat opérationnel courant suit la même dynamique en progressant de 46,3% à 7,2 millions d’euros, pour une marge de 3,4% (contre 2,5% au premier semestre 2024/2025). Une trajectoire qui place Figeac Aéro en ligne avec son objectif de marge d’EBITDA supérieure à 17% à l’horizon mars 2028.
Un free cash-flow conforme malgré des stocks élevés
Le free cash-flow s’établit à 7,1 millions d’euros sur le semestre, en ligne avec l’objectif annuel. Toutefois, les stocks ont gonflé de 8 millions d’euros en prévision de hausses de cadences qui ne se sont pas totalement matérialisées. Ce phénomène de stockage devrait s’inverser au second semestre avec l’accélération des productions et la fiabilisation de la chaîne d’approvisionnement.
Le groupe vise un objectif ambitieux : ramener les stocks à 140 jours de chiffre d’affaires en mars 2028, contre 186 jours actuellement.
Côté endettement, la situation continue de s’améliorer. La dette nette ressort quasi stable à 274 millions d’euros, tandis que le levier financier poursuit sa baisse à 3,7 fois l’EBITDA, contre 4,6 un an plus tôt. Le groupe a d’ailleurs lancé une opération de refinancement de 60 millions d’euros à échéance 2030, permettant de soulager les échéances concentrées en 2028.
Des objectifs confirmés, un carnet record
Figeac Aéro confirme l’intégralité de ses objectifs pour l’exercice 2025/2026 : chiffre d’affaires entre 470 et 490 millions d’euros, EBITDA courant entre 77 et 83 millions, free cash-flow entre 35 et 40 millions, et un levier financier ramené autour de 3 fois. Le carnet de commandes atteint un niveau quasi record de 4,6 milliards d’euros, offrant une visibilité sans précédent.
Le groupe bénéficie d’une position stratégique sur des marchés porteurs. L’aéronautique civile poursuit sa croissance avec 1 600 nouvelles commandes fermes sur les dix premiers mois de l’année. Le segment militaire reste tout aussi dynamique, porté par les tensions géopolitiques et le réarmement européen.
Notre conseil
La réaction boursière apparaît excessive au regard des fondamentaux. La trajectoire de désendettement est respectée, la rentabilité s’améliore et le carnet de commandes offre une belle visibilité.
Le point d’attention concerne le niveau encore élevé des stocks, mais le management s’est engagé à corriger cette situation dès le second semestre.
Les investisseurs prudents attendront la confirmation de l’amélioration du BFR avant de renforcer.
Pour les autres, le titre mérite d’être conservé, avec un objectif de cours à 12 mois fixé à 13 euros, valorisant le potentiel de création de valeur du plan PILOT 28.