Sur l’exercice 2024-25, Fountaine Pajot voit son chiffre d’affaires reculer de 8,2% à 323,2 millions d’euros dans un marché du nautisme en ralentissement. L’excédent brut d’exploitation passe de 60 à 51 millions d’euros, soit une baisse de 15%, tandis que le résultat d’exploitation se contracte de plus de 30% à 34,5 millions d’euros.
Le résultat net part du groupe recule de 33,5 à 29,9 millions d’euros et le titre a perdu un peu plus de 3% sur la semaine, les investisseurs réagissant à cette dégradation des marges. Portzamparc souligne toutefois que le groupe démontre sa capacité à conserver des niveaux de profitabilité jugés « premium », malgré la baisse des volumes et la pression sur les résultats opérationnels.
Un bilan solide, mais un besoin en fonds de roulement surveillé
La marge brute d’autofinancement atteint 40,5 millions d’euros et la trésorerie d’exploitation reste positive à 14,9 millions, ce qui illustre la résilience du modèle dans une phase de creux de cycle. Les capitaux propres progressent de 112,8 à 136,3 millions d’euros et l’endettement financier brut, limité à 42 millions d’euros, demeure maîtrisé au regard de la taille du bilan.
Le point noir vient de la dynamique du besoin en fonds de roulement, en nette détérioration avec un accroissement de 25,6 millions d’euros, bien au-delà des attentes de Portzamparc qui anticipait environ 10,8 millions d’euros. Cette évolution s’explique notamment par des stocks plus élevés, constitués en amont des livraisons prévues sur 2025-26, ce qui pèse temporairement sur la génération de cash.
Une année de transition, avec une reprise en ligne de mire
Fountaine Pajot ne se contente pas d’attendre un rebond du marché : les flux nets d’investissements atteignent 24,5 millions d’euros pour moderniser l’outil industriel, renforcer l’international et lancer une nouvelle génération de bateaux. Sept nouveaux modèles doivent être introduits en un an, dont le FPY 110 sur le segment du yachting haut de gamme, ce qui constitue le plan produits le plus ambitieux de l’histoire du groupe.
Le programme « Smart Electric », au cœur de la stratégie de décarbonation, renforce la différenciation du chantier sur la propulsion électrique et peut soutenir la demande lorsque le marché repartira. Portzamparc juge le discours du management rassurant sur la dynamique commerciale et les défis industriels de la saison 2025-26, et voit l’exercice comme une année de transition stratégique avant un redémarrage de l’activité.
Un biais positif à moyen terme
La publication met en lumière un creux de cycle classique : recul des volumes, pression sur les marges et besoin en fonds de roulement défavorable. En face, la rentabilité reste élevée, le bilan robuste et le plan d’investissements ambitieux prépare clairement le terrain pour une reprise de la demande.
Portzamparc adopte une opinion acheteuse sur le titre, avec un objectif de cours de 182 euros, soit un potentiel de hausse d’environ 67% par rapport à un cours voisin de 109 euros lors de la note.
En tenant compte de ce biais positif mais aussi des incertitudes sur le timing du rebond et sur la normalisation du besoin en fonds de roulement, le profil de risque demeure non négligeable pour les investisseurs les plus prudents.
Conseil
Conserver le titre pour les actionnaires déjà en place, avec un biais acheteur à moyen terme, en visant un objectif de cours de 160 euros sur 18 mois, en deçà de celui de Portzamparc par prudence mais en cohérence avec un scénario de reprise progressive des volumes.