La publication du communiqué présentant les perspectives du groupe Interparfums pour l’année 2026 n’a pas été du goût des marchés. Dès le début de la séance de ce mercredi, l’action plongeait de près de 10%. Face à la multiplication des paramètres favorables et défavorables, la direction s’est en effet abstenue de faire une prévision chiffrée de son activité l’an prochain.
Le fabricant de parfums de prestige sous licences (Jimmy Choo, Montblanc, Coach, Lacoste…) avait pourtant l’habitude de se prêter à cet exercice, mais il doit faire face à un ralentissement de la consommation mondiale de parfums depuis juillet, même si le marché continue de croitre.
À cela s’ajoutent plusieurs vents contraires comme les droits de douane aux États-Unis et la baisse du dollar qui concerne 40% des facturations. L’objectif de chiffre d’affaires pour 2025 est ainsi revu en petite baisse à 890 millions d’euros au lieu de 900 millions prévus initialement.
Le niveau de rentabilité devrait, en revanche, se maintenir à un haut niveau avec une marge opérationnelle pouvant encore évoluer proche de 20% selon les analystes.
Un gros potentiel pour la nouvelle licence Longchamp
Cette phase de digestion, après quatre années de forte croissance, devrait se poursuivre l’an prochain en l’absence de lancements majeurs de nouveaux parfums. Si la licence Lacoste continuera de monter en puissance (déjà 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025), le groupe supportera la fin du contrat de licence avec Boucheron, ainsi qu’un nouvel impact négatif lié aux effets de change et estimé à une vingtaine de millions d’euros. Le redéploiement de la marque Annick Goutal ne devrait vraiment débuter qu’au deuxième semestre.
Il faudra donc attendre 2027 pour assister à une reprise de la croissance qui s’annonce soutenue avec l’entrée en lice des marques Off-White et surtout Longchamp, qui, selon le président Philippe Benacin, a le potentiel pour devenir la cinquième licence du portefeuille. La ligne Solférino Paris, développée en propre, devrait quant à elle bénéficier d’une meilleure couverture (environ 300 points de vente d’ici deux ans contre 50 actuellement).
Tous ces développements devraient néanmoins générer des coûts dans un premier temps. Raison pour laquelle Interparfums prévient que son niveau de marge opérationnelle, aujourd’hui anormalement élevé, devrait progressivement revenir dans une fourchette de 17% à 18%, sachant que les frais marketing (22% des ventes) n’ont pas spécialement vocation à diminuer.
Cette perspective parait néanmoins intégrée dans la valorisation alors que l’action a perdu un tiers de sa valeur depuis le début de l’année pour se payer autour de 16 fois les profits attendus en 2027. Rappelons que la situation financière reste très robuste avec une position de trésorerie nette positive estimée à une cinquantaine de millions et que la société est propriétaire de son siège social, rue Solférino à Paris, et de bureaux situés rue de l’Université, soit un total de 5.000 mètres carrés, estimés autour de 145 millions.
Notre conseil
- On pourra profiter de la baisse pour acheter dans une optique moyen terme en visant un premier objectif de 30 euros.
- Codes : FR0004024222 et ITP.