Son actualité. Dans un environnement marqué par la volatilité géopolitique et macroéconomique, Compagnie Financière Richemont a publié un chiffre d’affaires de 5,41 milliards d’euros pour le premier trimestre clos au 30 juin 2025, en hausse de 6 % à taux de change constants et de 3 % en données publiées.
Les ventes ont été particulièrement dynamiques en Europe (+11%), dans les Amériques (+17%) et au Moyen-Orient & Afrique (+17%), portées par une forte demande locale et un retour du tourisme de luxe. Le pôle phare de la haute joaillerie (Cartier, Van Cleef & Arpels, Buccellati, Vhernier) enregistre une croissance à deux chiffres (+11%), confirmant son rôle moteur.
En Asie-Pacifique, les ventes sont restées stable malgré une chute de 7% en Chine, Hong Kong et Macao combinés, et un recul de 15% au Japon, notamment dû à une base de comparaison élevée et à l’effet du yen fort qui pénalise le tourisme chinois.
Par canal de distribution, la progression est homogène (+6 % sur l’ensemble), bien que les ventes au détail (69% du chiffre d’affaires du groupe) et l’e-commerce affichent une croissance légèrement inférieure aux attentes. Le segment des montres reste en retrait avec une baisse de 7 %, conséquence d’une demande en berne sur les marchés asiatiques.
Notre analyse
Derrière cette performance globalement satisfaisante, plusieurs signes de fragilité appellent à la prudence. Selon Berenberg, la pression s’accentue sur les marges en raison de deux facteurs principaux : le renforcement de l’euro face au dollar américain et la hausse du prix de l’or. Deux éléments auxquels Richemont est particulièrement sensible, compte tenu de sa politique tarifaire conservatrice.
Par ailleurs, le ralentissement de la demande en Chine, déjà amorcé en 2024, semble s’inscrire dans la durée. Le courtier souligne le risque lié au ralentissement des dépenses de consommation des ménages chinois, traditionnellement piliers de la croissance du luxe. Richemont, bien que moins exposé que certains concurrents, n’échappe pas à cette tendance.
Les analystes de Berenberg pointent également une valorisation boursière inférieure de moitié à celle de ses pairs Hermès ou Brunello Cucinelli, en raison d’une volatilité plus marquée des revenus, d’un positionnement plus exposé aux montres, et d’un manque de clarté quant à la stratégie d’allocation de capital du groupe.
En dépit d’un bilan solide, 7,4 milliards d’euros de trésorerie nette, et d’une croissance régulière dans ses activités cœur, Richemont évolue dans un environnement où l’excellence opérationnelle ne suffit plus. Il devra, pour rassurer les marchés, démontrer sa capacité à gérer les transitions stratégiques, à renforcer son leadership dans le luxe durable, et à naviguer dans un monde où les moteurs traditionnels du secteur ne tournent plus aussi vite.
En Bourse, le titre a gagné plus de 6% depuis le début de l’année, surperformant de plus de 3 points l’indice SMI de la place de Zurich. Selon Factset, le prochain (à fin mars 2026) bénéfice net par action de Richemont est attendu en baisse de 2,9%, à 6,20 euros. La capitalisation représente 25,3 fois cette anticipation, une valorisation en ligne avec la moyenne sur 10 ans.
Notre conseil
- Conservez [CFR]
- Objectif : 160 CHF
- Profil : dynamique
- Prochain rendez-vous : assemblée générale, 10 septembre.