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Voltalia veut verser un premier dividende en 2028

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Le producteur d’énergies renouvelables va se recentrer sur ses activités les plus profitable en vue de renouer avec les bénéfices en 2026 après des comptes 2025 fortement impactés par les restructurations. Les cessions d’actifs permettront d’éviter une nouvelle augmentation de capital potentiellement dilutive.

Par Bruno Kus
Publié le 04/09/2025 à 17h39 | mis à jour le 09/09/2025 à 18h12

L’annonce des résultats semestriels et d’un plan de transformation par le producteur d’énergies renouvelables n’a visiblement pas rassuré les investisseurs si l’on en juge la baisse de 9,3% de l’action à la clôture de la séance du 4 septembre. Il est vrai que si la croissance de 8% du chiffre d’affaires (permise par une forte dynamique des services, compensant la baisse des ventes d’électricité) et le repli limité de 4% de l’excédent brut d’exploitation à fin juin sont relativement conformes aux attentes, le creusement de la perte nette à 39,7 millions d’euros (contre 15,7 millions un an plus tôt) fait mauvais effet. Au-delà de la hausse de 20% des amortissements liée à la mise en service de nouvelles centrales, la direction l’explique, par des charges exceptionnelles liées à la mise en œuvre du plan de transformation Spring et à la dépréciation de certaines activités non rentables. Bien que stable, le résultat financier négatif de 34,1 millions constitue aussi un frein à la rentabilité nette.

De nouvelles charges exceptionnelles à venir

Il ne faut pas s’attendre à une amélioration au deuxième semestre. Au contraire, la perte va encore se creuser avec de nouvelles charges exceptionnelles. De son côté, l’excédent brut d’exploitation annuel devrait osciller entre 200 et 220 millions d’euros contre 215 millions en 2024, à partir d’une capacité en exploitation de 3 GW. Il faut rappeler que depuis deux ans, la production du groupe au Brésil (51% de la capacité totale) est limitée par la politique d’écrêtement pratiquée par l’opérateur local du réseau de transmission afin de stabiliser ce réseau devenu fragile. La limitation qui en résulte représente encore 14% de la production brésilienne de Voltalia. En attendant que les investissements dans les infrastructures du réseau permettent une normalisation, Voltalia cherche à obtenir des compensations sans aucune garantie de succès néanmoins.

Le plan Spring doit permettre un retour aux bénéfices dès 2026 et de dégager 300 à 350 millions d’euros de liquidités via des cessions d’actifs. Grâce aux économies (35 millions d’euros) permises par le recentrage sur les activités et les pays les plus rentables, ainsi que par des mesures d’efficacité et d’optimisation, la marge d’excédent brut d’exploitation de la division vente d’électricité devrait passer de 61% en 2024 à 70/72% à l’horizon 2030 pendant que dans le même temps celle des activités de services passerait de 7% à 9/11%. Les objectifs intermédiaires ont néanmoins été revus à la baisse puisque Voltalia ne table plus que sur un excédent brut d’exploitation compris entre 300 et 325 millions en 2028 (contre 470 millions en 2027 précédemment).

La famille Mulliez toujours majoritaire

En contrepartie, la situation financière devrait s’améliorer. Le développement des capacités (objectif de 5 GW en exploitation ou en construction en 2030) sera financé par le cash-flow et les cessions d’actifs, ce qui écarte le risque d’une augmentation de capital potentiellement dilutive à court et moyen terme. Voltalia, qui veut ramener sa dette entre 7,5 fois et 8 fois l’excédent brut d’exploitation contre plus de 10 fois attendu pour 2025, envisage même de distribuer un premier dividende en 2028 au titre de l’exercice 2027. Le scénario d’un désengagement de la famille Mulliez (72% du capital) semble en tout cas s’éloigner à court terme.

Notre conseil : la société ayant beaucoup déçu, nous préférons attendre la publication des comptes annuels (qui seront mauvais) et les premiers résultats du plan Spring pour revenir sur le dossier. Ceux qui sont exposés au dossier pourront néanmoins conserver dans la perspective du redressement eu égard à la faiblesse du cours. Codes : FR0011995588 et VLTSA.

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